La tocophobie par Camille

La tocophobie par Camille


La tocophobie par Camille

Temps de lecture 5min.

"Mon désir de maternité a été un peu compliqué et latent, dans le sens où je ne concevais pas une vie sans enfant et j’en avais envie mais je sentais que quelque chose bloquait. Je me suis posé beaucoup de questions pendant un moment, j’étais prête sans l’être. 

Pour moi, la préparation à la grossesse, au fait d’être enceinte n’a pas été le plus easy ! Effectivement du coup à force de questions posées et de travail sur moi, j’ai compris, mais cela a mis du temps, que j’avais envie de devenir maman, que cela ne m’effrayait pas de basculer dans cette vie mais que le problème venait de ma peur d’être enceinte et d’accoucher. Plus concrètement, peur de la transformation de mon corps, de la douleur de l’accouchement etc. En fait c’est justement là que j’ai compris que c’était plus qu’une peur puisque que ça bloquait mon désir de maternité, et c’était effectivement plus une phobie !

"La tocophobie (du grec tokos « accouchement », et phobos, « peur ») est une phobie spécifique qui désigne la peur pathologique de la grossesse et de l'accouchement."

C’est là où j’ai découvert le terme précis, la tocophobie. Je reprends un peu bêtement la définition Wikipedia car c’est comme ça que je l’ai découvert à force de recherche haha. La tocophobie (du grec tokos « accouchement », et phobos, « peur ») est une phobie spécifique qui désigne la peur pathologique de la grossesse et de l'accouchement. En vrai il y a beaucoup plus à dire surtout sur les raisons, cela dépend de chacune mais en avoir conscience c’est déjà une belle étape, ce qui n’est pas évident compte tenu du peu d’informations disponibles sur le sujet.

Du coup, je me suis préparée en amont car une fois que j’ai compris que j’avais cette phobie, après plusieurs années (rires) (j’aurais pu gagner du temps…)  J’ai été super bien conseillée et on m’a orienté vers une hypnothérapeute. Comme de nombreuses phobies, l’hypnose peut aider et cela a clairement marché pour moi ! Après 6 mois, je n’avais plus du tout peur et je suis tombée enceinte du premier coup ! J’étais vraiment prête pour aborder une grossesse sereine ! Après évidemment j’avais besoin d’être rassurée pendant ma grossesse, et de l’accompagner au mieux pour que tout se passe déjà bien pour mon bébé !

Quand je suis tombée enceinte, je l’ai annoncé à mon mari tout de suite dès que j’ai eu le test positif ! Puis on l’a annoncé assez facilement, souvent par téléphone d’ailleurs car on est français vivant à Bruxelles, en tout cas je ne voulais pas en faire des caisses c’était un peu l’ordre naturel des choses pour nous.

Pendant la grossesse, côté alimentation, je faisais déjà pas mal attention avant, en mangeant varié et équilibré, en quantité non, j’ai bon appétit ! Et je faisais beaucoup de yoga, j’en faisais déjà, + aquagym + un peu de vélo elliptique !! Ça m’a tellement fait du bien. Je pense qu’il faut rester active pendant la grossesse ! Pour le yoga prénatal, je trouve que ça prépare vraiment, ce n’est pas comme une séance où l’on te dit, tu pousseras comme ci, respirera comme ça, ça reste théorique et ça ne se passe jamais de cette façon ! Le yoga aide à préparer ton corps à l’accouchement et sur la durée grâce aux positions (influence sur le bassin, le périnée etc.…)

"En tout cas, j’ai adoré l’accouchement, comme quoi !"

Je me suis donc essentiellement préparée à l’accouchement via le yoga prénatal car j’avais commencé tôt mais surtout à cause du confinement car toutes les préparations classiques avaient été annulées. Ma prof de yoga prénatal a continué en visio et j’étais connectée deux fois par semaine du 15 mars au 15 mai (date de naissance de ma fille). Je me suis aussi préparée via l’alimentation (feuilles de framboisier, dattes etc.), j’ai tout essayé, après je ne sais franchement pas quel est l’impact !! J’ai bien aimé en tout cas le livre de Julia Simon, Mon Quatrième trimestre au naturel (elle parle aussi du troisième trimestre) 

 

En tout cas, j’ai adoré l’accouchement, comme quoi ! J’ai été déclenchée mais j’en garde un super souvenir sans parler de l’arrivée du bébé qui est magique et hors du temps ! C’est plus sur le post-partum que j’ai un avis disons plutôt mitigé ! Moins préparée car on en parle moins. Je trouve qu’il y a un tabou autour de l’accouchement et de l’après chez les mamans et les femmes. Comme s’il ne fallait rien dire à une femme qui n’avait pas connu la maternité ou qu’on devait s’arrêter à l’idée de la naissance comme moment incroyable. Pourquoi ? Oui pour ne pas effrayer peut-être, moi j’aurais aimé savoir comment les choses se passent même si ça dépend des femmes ! Après je n’ai pas connu de baby blues, j’ai eu un accouchement sans déchirure donc pour moi ça a été globalement même si je trouve que ce n’est pas évident non plus !! Entre la nouvelle donne d’être à trois, le stress lié au bien être de ton bébé, ton corps etc…

"En tout cas, il y a deux choses que j’aurais aimé qu’on me dise avant la grossesse : que la peur de la grossesse existe et que ça ne remet pas en question le fait de vouloir un enfant. Et que ça se guérit surtout !"

Au niveau des cosmétiques, j’ai fait assez attention aux choix des produits sans être trop extrême, je voulais des formules plutôt naturelles avec de l’huile d’amande douce ou des baumes karités par exemple. Je n’ai pas trop changé car je les utilisais déjà ! J’ai juste ajouté les huiles pour prévenir des vergetures et un nouveau déodorant …  Mais sans grande conviction sur ces produits (odeurs trop fortes notamment) !

En tout cas, il y a deux choses que j’aurais aimé qu’on me dise avant la grossesse : que la peur de la grossesse existe et que ça ne remet pas en question le fait de vouloir un enfant. Et que ça se guérit surtout ! Ça m’aurait fait gagner du temps :) et aussi que l’après n’était pas aussi rose ! #monpostpartum

Enfin, j’ai la chance d’avoir eu le papa présent de À à Z, c’était génial ! Son entreprise a pris les devants en offrant 3 mois de congé paternité ! On partage encore ce congé à 3 depuis la naissance de notre fille le 15 mai et sans avoir d’élément de comparaison, ça change tout ! J’espère vraiment que ce sera généralisé vu l’implication des papas et le support que cela apporte à la maman ! Je pense que notre fille en profite aussi. "

 

Retrouvez la semaine prochaine notre talk avec Kenza Sadoun el Glaoui, disponible dès mercredi prochain !