La grossesse comme une évidence par Kenza

La grossesse comme une évidence par Kenza


La grossesse comme une évidence par Kenza

Temps de lecture 7min.

 

« Je ne sais pas si je peux dire que j’ai eu la meilleure grossesse du monde, comme si j’en avais déjà vécu dix dans ma vie, mais je pense sincèrement avoir eu une grossesse idéale : pas de maux, pas de nausées pas d’insomnies, rien... c’était trop bien !

En revanche, le dernier mois est un peu plus compliqué, comme toujours je crois d’ailleurs, parce que je me sens plus lourde et surtout j’ai dû apprendre à gérer avec la canicule dès le 8e mois et ça a été un peu pénible. Mais honnêtement, sinon je me sens prête à fonder une équipe de foot (rires) !  La grossesse j’ai trouvé ça cool, vraiment, je me suis sentie bien.

Ce que j’ai trouvé surprenant, pour moi qui suis d’ordinaire plutôt dans le contrôle, c’est-à-dire que je veille toujours à bien manger, je prends soin de moi, je fais beaucoup de sport, mais pas uniquement pour le côté esthétique des choses aussi pour ma santé, j’aime me prendre en mains de manière générale…  avec la grossesse c’est la première fois que j’ai été dans le lâcher prise : alors que j’étais convaincue que j’allais être ce genre de nana qui, enceinte, allait faire perdurer ce truc de contrôle, c’est à dire continuer le sport, faire vraiment attention à mon alimentation pour mon bébé… et bien du coup pas du tout, j’ai fait tout l’inverse !

 

Photographie Matthieu Khalaf

"avec la grossesse c’est la première fois que j’ai été dans le lâcher prise"

J’ai continué à faire un peu de sport mais franchement tranquillement, pas du tout dans un objectif de ne pas prendre de poids, parce que pour l’instant j’ai pris un peu plus de 15 kilos, surtout ce dernier mois en fait, donc naturellement j’ai de la cellulite, j’ai les cuisses qui gonflent alors que j’ai toujours eu les cuisses fuselées mais je m’en fous royalement : je me sens bien, je me sens épanouie. Alors que si on m’avait dit un jour « tu seras enceinte, tu prendras du poids, tu feras beaucoup moins de sport et tu ne feras pas aussi attention à ce que tu manges » je n’y aurais pas vraiment cru. Et Je ne faisais pas vraiment de sport d’ailleurs, pour moi c’était plus de l’entretien : en général avant la grossesse, je faisais des séances d’une heure et demie, des choses assez cardio, du yoga qui sollicite beaucoup les abdos par exemple, là du coup c’était vraiment différent. Je faisais un peu au feeling à la maison, je me faisais une vidéo par jour de 20min, je tapais « yoga ou pilates prénatal » avec notamment beaucoup d’étirements, ça me faisait beaucoup de bien, surtout à partir du 5e mois quand le ventre est bien sorti. 

En tout cas, je dirais que la grossesse m’a apaisée, c’est peut être lié aux hormones, mais j’ai tout bien vécu : même ma transformation physique, même si elle n’est pas flagrante ! On m’a d’ailleurs dit « non mais t’as rien pris ! »  si les mecs, j’ai quand même pris 15 voire 16 kilos ! Je ne sais pas exactement combien parce que je ne me pèse pas beaucoup mais voilà en tout cas je suis détendue sur le sujet.

Au niveau de mon alimentation, les trois premiers mois, j’étais dans la découverte de la grossesse et forcément lorsque le corps médical te dit que tu n’es pas immunisée contre la toxoplasmose et qu’il faut éviter de manger telles ou telles choses, et bien tu fais hyper attention : je lavais tous mes fruits, tous mes légumes, les salades, vraiment tout passait au vinaigre de cidre, n’importe quoi ! Je ne commandais plus rien au restaurant, déjà que je ne mange pas de viande de base, c’était un peu pénible. Mais pendant le deuxième trimestre, qui est arrivé pour moi en même temps que le confinement, j’ai levé toutes les barrières : je me suis autorisée plus de choses, je n’avais pas chopé la toxoplasmose pendant 33 ans je me suis dit qu’il fallait vraiment que je n’ai pas de chance pour la choper maintenant… de façon générale, dès le deuxième trimestre je me suis beaucoup relaxée, sans aller dans l’extrême non plus, mais je m’autorisais plus de choses, je me sentais moins fragile que les trois premiers mois.

Pendant le confinement, j’étais enceinte donc je me sentais hyper apaisée moralement alors qu’en temps normal, pas enceinte, j’aurais pété un câble parce que je suis littéralement sortie 3 fois en deux mois et demi : une fois pour aller au labo, une fois pour aller chez le gynéco et une fois pour faire une balade nocturne ! C’était assez dur parce que même si on a un grand appart ça reste un appart parisien où tu vis quand même entre 4 murs. Heureusement j’avais mon petit rituel du matin, je me levais je faisais mes 20min d’exercice, ça faisait le job et je crois que quand tu n’as pas le choix tu te résignes de toute façon !

Photographie Matthieu Khalaf

"là le plus dur pour moi c’est juste de ne pas pouvoir prévoir, et d’attendre que mon bébé arrive pour m’organiser."

Au niveau de ma carrière, ça n’a pas changé grand-chose, parce que j’ai vécu une grossesse tellement cool ! Pour moi avoir été enceinte, oui j’en parle au passé parce que je suis censée accoucher dans deux jours (rires), c’était comme une extension de moi-même : ça n’a pas été une révolution ni dans mon corps ni dans ma tête, c’était comme une évidence. Par exemple, j’ai toujours su que je ne serai pas « maman jeune » : j’ai fait mon premier bébé à 33 ans parce que j’ai toujours voulu faire tout ce que j’avais à faire avant, des choses que je n’aurais pas pu faire enceinte ou en étant maman. Pour moi c’est une évidence : je pense que le fait d’avoir conçu mon premier enfant à 33 ans fait que je ressens une sérénité, je me sens mature et mure. Je ne dis pas qu’à 20 ou 25 ans on n’est pas en mesure d’avoir un enfant, mais en tout cas pour moi c’est juste le bon moment. Et, ok, je suis enceinte mais ça ne m’a rien empêché de faire, j’ai juste un peu calmé mon rythme les trois premiers mois parce que j’étais hyper fatiguée mais je ne me suis pas arrêtée de sortir pour autant, je ne me suis pas arrêté de bosser. D’ailleurs, j’ai un shooting cet après-midi et je me sens bien ! Et ce n’est même pas un truc incroyable hein, juste je me sens bien, je n’appréhende pas. Je pense que c’est plus une fois mon bébé dans les bras qu’il va falloir que je m’organise, parce qu’en réalité même si je m’organise maintenant en essayant de prévoir les choses, tant qu’il n’est pas là, tu peux faire tous les plans sur la comète tu ne connais pas ton enfant, tu ne sais pas comment il va réagir, tu ne sais pas s’il fera ses nuits, pas ses nuits, tu ne sais rien ! Donc là le plus dur pour moi c’est juste de ne pas pouvoir prévoir, et d’attendre que mon bébé arrive pour m’organiser.

 

Photographie Claire Guillon

Du côté du papa, c’est drôle, et je ne sais pas si on a toutes la même expérience, mais je trouve qu’au début il ne réalise pas du tout, c’est-à-dire que tant qu’on n’a pas véritablement un ventre, et qu’on ne sent pas les coups, je trouve que le papa ne prend pas conscience des choses. Il sait que sa nana est enceinte mais bon… alors que nous, les femmes, on est déjà là en train de communiquer avec le bébé, en train de faire attention à ce qu’on va manger, etc… on est déjà dans un processus de protection que le papa n’a pas je trouve ! Bon après mon mec a été adorable du début à la fin mais comme je n’ai pas été malade, que je n’ai pas eu à réclamer de l’attention ou de l’aide, pour lui ça n’a pas changé grand-chose. Je pense qu’il réalisera plus le jour de l’accouchement, d’autant plus qu’il ressent une frustration de ne pas avoir déjà la connexion que nous les mamans nous avons avec le bébé in-utero, non pas qu’il aurait aimé être enceinte hein, mais je sais que c’est quelque chose qui peut le frustrer, ce n’est pas de l’aigreur ni de la jalousie mais voilà… moi ça fait 9 mois que je suis connectée au bébé alors que lui va partir de zéro à l’accouchement. Aujourd’hui il est à fond ! Mais il a fallu un peu de temps…

 "J’aime tellement être enceinte, je ne sais pas si je suis folle !"

Au niveau de la préparation à l’accouchement, je ne ressentais pas le besoin d’aller voir une sage-femme parce que j’avais l’impression d’être bien renseignée. On a quand même fait un cours par visio mais je n’ai pas eu l’impression que ça ait été très nécessaire dans le sens où en en parlant avec mes amies elles m’ont toutes dit « le jour J tu dois pousser, tu pousses, on peut te dire ce qu’on veut quand tu y es, tu y es ! » Je n’ai pas trop d’appréhensions, je n’ai pas peur d’accoucher, je vais juste écouter et appliquer ce qu’on me dit bêtement.

En revanche, et c’est depuis que j’ai un vrai ventre donc depuis le 5ème ou 6ème mois, que j’appréhende l’après. J’aime tellement être enceinte, je ne sais pas si je suis folle ! Même si le dernier mois est un peu pénible j’aime être enceinte, et j’aime tellement avoir mon bébé rien que pour moi : je sais que mon bébé est attendu, aussi bien par mon copain, que par nos familles, on est beaucoup de frères et sœurs et je me dis que mon bébé, qui n’appartient qu’à moi en ce moment, je vais devoir le partager. Alors évidemment, je sais que l’enfant ne m’appartient pas hein, l’enfant est un être humain à part entière, mais aujourd’hui je suis la seule personne à pouvoir le nourrir, à lui donner de l’oxygène et en prendre soin. Il y a ce truc de se dire que dès que mon bébé va sortir, naturellement, il y aura tellement d’amour, tellement de gens contents, il n’y aura pas de jalousie de ma part, loin de là, mais il va falloir que je m’y fasse parce que ça fait quand même 9 mois que je cohabite exclusivement avec ce bébé.

Du point de vue de mes habitudes beauté, j’utilise des choses plutôt cleans en temps normal, après évidemment tout ce qui est huiles essentielles j’ai dû abandonner mais je ne me suis pas trop stressée là-dessus, je n’ai pas recherché tous les perturbateurs endocriniens présents dans les produits, je ne voulais pas rentrer là-dedans. C’est surtout le premier trimestre où j’étais très vigilante et après je me suis détendue mais comme de base je fais déjà attention sur le skincare que j’utilise, je n’ai pas eu de changements trop radicaux.

 

Photographie Claire Guillon

"je me disais que mon mental n’était pas prêt à recevoir un bébé tout de suite et quand j’ai vu le test positif, j’étais vraiment surprise"

La découverte de ma grossesse :  j’avais un doute, donc j’ai fait un test avec la complicité de mon chéri quand on était en vacances avec toute ma famille aux États-Unis dans une grande maison, il ne fallait pas que tout le monde le sache à ce moment-là…  j’ai fait le test et là positif… mon mec était au RDC de la maison, moi au 1er étage et c’était pas du tout sexy ! Je pensais que j’allais faire une annonce un peu plus cool et travaillée, je lui ai juste écrit un texto en lui disant « viens » il est monté il m’a dit « quoi ?» je lui ai tendu le test de grossesse, et on n’a même pas pleuré ou rigolé, il m’a dit « ah ouais, bah ok cool » et je lui ai dit que je voulais en refaire un pour être sure ! Je n’étais pas sure et je n’étais pas folle de joie. C’est bizarre parce qu’en fait j’étais loin de chez moi, j’étais dans un environnement américain et je ne m’y attendais pas ! J’étais contente bien sûr, mais comme on a mis le truc en route très peu de temps avant, dans mon imaginaire ça allait prendre du temps, ça allait être difficile, et aussi je venais de perdre ma mère, je me disais que mon mental n’était pas prêt à recevoir un bébé tout de suite et quand j’ai vu le test positif, j’étais vraiment surprise. Je me suis dit qu’on allait quand même en faire un autre par précaution. J’en ai fait plusieurs autres les jours qui ont suivi, tous positifs, mais c’est vraiment en rentrant à Paris que je suis allée faire mes prises de sang et que mon gynécologue m’a appelée, que j’ai réalisé.

 

"je me suis dit que oui, en fait la grossesse n’est pas une maladie, la clé de la sérénité pour moi !"

Il y a quelque chose que j’ai appliqué dès le début et ça m’a permis d’être assez chill vis à vis de tout ça, vu que c’est quand même un énorme chamboulement, c’est de ne pas m’oublier enceinte. Je connais certaines personnes qui ont attendu des bébés et que j’ai trouvé vachement plus stress parce que tout était dédié à l’enfant, et c’est formidable, mais ce sont nous les femmes qui portons l’enfant, je trouve important de continuer à prendre soin de soi, et ne pas s’imaginer que la moindre action peut nous mettre en danger.

Cela dépend aussi de ce que te dit le corps médical, mais je trouve qu’on est over vigilants, après je n’ai pas bu d’alcool ni rien bien sûr, mais si tu lis les trucs sur les applis, les blogs, même parfois les médecins peuvent avoir des discours un peu alarmistes, moi je trouve que ça peut avoir un effet un peu stressant et ça peut vite ressembler à une maladie -  par exemple, mon gynéco qui me suit depuis des années a une approche vraiment différente de l’obstétricien qui va m’accoucher, ce sont deux sons de cloche complètement différents : mon gynécologue qui est quelqu’un d’extrêmement anxieux, et c’est pour ça que je l’adore, c’est le mec qui va m’envoyer deux fois par an faire des prises de sang qui va vraiment tout contrôler les frottis, mais dans un moment où tu attends un enfant si tu prends tout au premier degré, tu pars pour 9 mois de vigilance intense ! Et du coup entre temps j’ai dû switcher de suivi et aller voir l’obstétricien de la maternité où j’allais accoucher, qui lui était beaucoup plus calme, plus serein et j’ai trouvé mon compte auprès de cette personne là parce que je me suis dit que oui, en fait la grossesse n’est pas une maladie, la clé de la sérénité pour moi ! »

 

Rendez-vous mercredi prochain pour un nouveau talk sur la maternité !