Attendre une petite personne par Lisa

Attendre une petite personne par Lisa


Attendre une petite personne par Lisa

Temps de lecture 5min.

 

"Je m’appelle Lisa, je suis la fondatrice de Make My Lemonade, je vis à Paris avec mon mec et mon chat Frida et je suis enceinte d’une petite fille dont l’arrivée est prévue pour juillet. 

 

Le projet de maternité

J’ai rencontré mon mec pendant le premier confinement, un exploit n’est-ce pas ? Et par la force des choses, en temps de confinement strict, le temps ne passe pas de la même manière, il est comme élastique, on a beaucoup parlé de tout et de rien et de sujets profonds, assez rapidement, surtout avec le manque d’interactions sociales, de sortie ou de travail, forcément tu as plus de temps pour découvrir l’autre. L’été suivant on est partis en vacances en Van, le baptême du feu et c’était vraiment super, limpide et puis on a décidé d’emménager ensemble assez rapidement. La semaine où j’ai emménagé chez lui on a appris que j’étais enceinte. On s’est dit Go, qu’on y allait et que c’était vraiment une folie et qu’on avait plus qu’un bon feeling et que tout allait bien se passer. Qu’on était amoureux et qu’il fallait célébrer la vie. 

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La grossesse  

Cette grossesse, comme le reste de ma vie en fait, je l’appréhende de manière assez sereine, ce sont des étapes que je n’ai pas vraiment cherchées mais qui me sont arrivées, je suis assez détendue, même si je n’aime pas particulièrement être enceinte surtout le dernier trimestre ! On s’est quand même rajouté une petite charge en achetant un appart, c’est un peu le grand chelem de la vie conventionnelle d’adultes : emménagement, bébé, 1er achat… on coche pas mal de cases d’un coup et ça c’est assez nouveau pour moi mais j’avoue qu’on a beaucoup de chance, déjà de pouvoir le faire et surtout dans le contexte actuel ça nous donne des perspectives tellement positives et réjouissantes. L’atmosphère est pesante c’est sûr mais on a au moins nos petits projets, et pas des moindres (rires), qui nous rendent heureux. 

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L’impact sur la vie pro 

L’arrivée de cette grossesse surprise a un peu bousculé l’ordre des choses, cela me permet de prendre beaucoup de recul. Notamment au niveau du boulot. C’est vrai que survivre à 2020 c’était quelque chose, mais on l’a fait grâce à l’équipe de choc Make My Lemonade qui m’entoure. J’ai eu le sentiment qu’on était restés droit dans nos bottes, alignés avec nos choix et c’était aussi un moment où on a eu le sentiment d’opérer un vrai retour aux sources. Pendant le premier confinement j’étais seule chez moi. Avec cet isolement, j’ai utilisé l’image et la vidéo comme un pont avec l’extérieur, et je me suis du coup mise beaucoup plus en avant que d’habitude. Ça s’est fait de manière très naturelle : on a proposé plus de tutos sur les réseaux sociaux, des choses qui nous rappelaient les débuts de l’aventure Make My Lemonade. J’ai aussi partagé comment je faisais mes travaux toute seule... et ça a plu ! On a juste montré de l’authenticité et de la débrouille ce qui fait notre ADN depuis toujours, et ça nous a fait du bien cette réaffirmation de nos valeurs.  A l’équipe, à moi. Forcément avec un quotidien avant covid où on était en mode « tête dans le guidon », on avançait dans un tourbillon, cela a été très compliqué à vivre de s’arrêter d’un coup mais si on voit les choses sous le prisme du verre à moitié plein, cela a été une pause salvatrice, qui nous a permis à tous de nous prouver qu’on pouvait se réinventer, cette situation nous a forcé à repenser les choses, pour le mieux et le bien des membres de la team.

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Préparer le congé maternité 

Et le fait de devenir maman participe aussi à tout ça. Simoné, qui travaille avec moi depuis plusieurs années, a commencé à mettre des choses en place au bureau, des process simples mais qu’on n’avait pas forcément pris le temps d’appliquer avant. Et je suis contente de me dire que lorsque je serai en congé mat, les choses seront organisées sans que je sois soucieuse ou préoccupée : des rétroplannings, un peu de meetings, il faut savoir que je ne suis vraiment pas fan des réunions, mais pour manager une équipe finalement je me dis que c’est essentiel, surtout quand le télétravail devient la norme. 

Au sujet du congé maternité forcément il y a la théorie et la pratique : avec Make My Lemonade on sort une prochaine collection en septembre et je voudrais tout shooter avant de partir. Les shootings c’est un peu ce que je préfère dans mon quotidien et je voudrais être là pour celui-ci. On a prévu une collab trop cool qui me tient beaucoup à cœur, donc j’espère pouvoir tout faire avant de partir. Et c’est marrant mais je me sens vraiment inspirée en ce moment. Il y a des jours où l’inspiration est en grève, où tout est poussif, difficile dans un job créatif, mais bizarrement en ce moment ça vient vraiment facilement, je ne sais pas si c’est le fait d’être mieux organisée ou l’énergie magique de la femme enceinte mais je me sens apaisée, sereine, productive !

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Se projeter dans l’après 

J’ai l’impression que c’est une arrivée qui va bousculer pas mal de choses. Par exemple pour le moment je n’ai pas de mode de garde, je me dis que j’ai la chance d’être mon propre patron et de pouvoir peut-être aviser quand elle sera là. Je ne la connais même pas encore, et je trouve ça tellement fou de se projeter dans un mode de garde sans savoir comment elle sera. J’espère pouvoir reprendre le télétravail doucement et ensuite pouvoir l’emmener avec moi au bureau de temps en temps. Imaginer les semaines à venir en m’occupant d’elle, et ne pas avoir à la confier aussi petite, me libère beaucoup l’esprit. J’aimerais au moins jusqu’à ses 6 mois que l’on soit ensemble. Si c’est un bébé qui pleure dès qu’on la pose cela risque d’être plus compliqué (rires) je m’en doute bien, l’idée c’est que ce soit viable pour elle, pour moi et aussi pour ma team. Mais en tout cas j’espère pouvoir en profiter le plus possible. C’est la théorie hein...enfin la mienne.

Attendre une petite fille 

C’est marrant mais je le savais. Lors d’une soirée l’année dernière une personne m’a proposé de faire le test du pendule : ça consiste à prendre un collier que tu portes souvent et de le tenir au-dessus de la paume de ta main. Si le collier va de gauche à droite, c’est que tu vas avoir un garçon et s’il fait des cercles et bien ce sera une fille. Une de mes amies super enceinte avait eu la réponse : deux garçons. J’étais à côté donc je l’ai fait aussi, et le collier a dessiné deux petits cercles ! Donc ça m’était resté dans un coin de la tête (rires). 

Quand on a passé la première échographie, la gynécologue nous a demandé si on souhaitait connaître le sexe. On voulait le savoir, et c’était bien une petite fille ! On est sortis de l’échographie, on ne touchait plus terre. Le bonheur… ! L’après-midi il y avait un lancement super important pour Make My Lemonde et mon mec m’a demandé si je n’étais pas trop stressée et je l’ai regardé en souriant en lui disant que non que ce qui comptait aujourd’hui c’était qu’on allait avoir une fille ! Ça nous a projeté immédiatement dans un mood super concret aussi. Rien n’était grave ou stressant par rapport à cette incroyable nouvelle. 

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L’accouchement 

J’appréhende un peu… En fait ce que j’appréhende le plus, plus que l’accouchement finalement, c’est le post-partum. Je crois que j’adore mon ventre mais j’ai peur du ventre mou et vide d’après. Après je suis sûre que mon esprit sera concentré sur le bébé mais j’appréhende le chamboulement, la chute d’hormones, le corps en chantier. En fait, mon moral est tellement lié à comment je me sens dans mes pompes que j’ai un peu peur de ne pas être connectée à moi-même parce que je ne me reconnais plus. Je ne parle même pas de poids, c’est plus que tout d’un coup quelque chose qui était si plein devient très vide…

Avant j’étais terrorisée de l’accouchement, et plus j’avance et plus je me dis que c’est une étape, une étape géniale pour avoir mon bébé ! Je commence vraiment à me détendre sur le sujet. Avant j’étais très « je veux faire une péridurale à tout prix » et plus je lis des trucs et plus j’envisage peut-être d’autres choses enfin à voir dans quelques semaines… J’ai cru comprendre que quand tu n’as pas de péridurale, tu peux être sur pied assez rapidement derrière. Donc en fait j’ai plus l’appréhension du ventre vide, et du post-partum, plutôt que l’accouchement en lui-même finalement ! 

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La libération de la parole  

Je trouve que la parole se libère beaucoup sur la galère du post-partum et de ces conséquences « je n’ai pas eu le temps de prendre une douche » ou « je n’ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit de la journée » en passant par des états beaucoup plus graves liés à cette période unique. J’ai remarqué qu’il y avait eu un boom sur les réseaux sociaux à ce sujet au moment où j’apprenais que j’étais enceinte, et j’étais assez décontenancée et plus vraiment sûre de vouloir vivre ça moi aussi et j’en ai parlé avec des amies enceintes ou qui sont mamans et qui m’ont dit que « oui on parle beaucoup du négatif mais il n’y a pas que ça ! Il y a plein de fois où tout se passe bien, plein de fois où ton bébé est OK pour que tu le poses ; où tu as le temps de prendre une douche, et que TOUT PASSE même si c’est dur » et j’ai aussi envie de me concentrer là-dessus pour rester sereine.

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La préparation 

Quand j’ai su que j’étais enceinte j’ai arrêté de faire du sport. Je n’en avais plus envie. Et un des premiers symptômes que j’ai eu et que j’ai encore, et qui est très handicapant je trouve, c’est le manque de souffle. Parler avec un masque est compliqué, marcher pour aller au travail avec un masque en parlant ... c’est super dur. Je fais mes 10 000 pas par jour, c’est mon seul sport ! Et en confinement l’idée même de faire du yoga prénatal devant mon écran me déprime… donc je ne fais pas grand-chose pour me préparer, je marche essentiellement pour rester active.

On va bientôt commencer la préparation à l’accouchement. Dans le timing on est un peu short parce qu’on doit faire en parallèle des travaux dans notre nouvel appart, préparer son arrivée, sa chambre ( et mon post-partum ;) ) si tout se passe bien tout sera sur le gong! Ce qui est chiant c’est qu’on ne sait pas, on ne maitrise rien finalement, comme pour le reste finalement, tout n’est qu’une question de lâcher prise j’ai l’impression !

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Son arrivée 

On lui fait confiance hein, c’est elle qui décidera du bon moment pour venir. Enfin si elle pouvait arriver après le 1er juillet ce serait super pour que mon mec ait le droit au nouveau congé paternité, même si on vient d’apprendre que c’était la date du terme qui fait foi avec l’assurance maladie ! C’est la seule demande qu’on lui a fait le plus tard possible histoire d’être bien installés, si elle veut venir le 14 juillet c’est OK ! Et comme ça elle aura un feu d’artifices pour son arrivée (rires) !

Ce serait super qu’on ait tous les deux, deux mois ensemble avec elle (28jours + vacances). Et tous nos proches déjà parents nous assurent qu’on ne sera effectivement pas trop de deux pour s’occuper d’elle au début... Et puis je pense qu’en terme de construction du lien et équilibre dans le couple c’est super important que l’on puisse vivre cela à deux. On a de la chance qu’elle arrive aussi en été, ce sont des moments un peu plus calmes dans nos activités, donc on mesure la chance que l’on a pour pouvoir se permettre de ralentir et être focus sur notre vie perso pendant ce congé parental. 

La place du père  

C’est assez naturel. Je savais qu’à partir du moment où on a décidé que ma grossesse était une bonne nouvelle c’était vraiment naturel et le kiff de le vivre ensemble. Le choix du prénom c’était vraiment limpide. Ça faisait un mois que j’étais enceinte je pense et on savait que si c’était une fille on voudrait l’appeler comme ça. Il a même milité pour que ce soit ce prénom en particulier. Et heureusement que ce n’était pas un garçon parce que pour le coup on n’était pas raccords !

Sinon sur la théorie du quotidien on est alignés, c’est déjà ça parce que je pense que je ne serais pas aussi sereine si je ne pouvais pas me reposer vraiment sur lui. Il me décharge de plein plein de trucs, il n’y a même pas de question de charge mentale...

Le conseil que j’aurais aimé qu’on me donne 

Je pense que j’aurais aimé qu’on me dise que « ce qu’on sait c’est qu’on ne sait rien » !  Et qu’on me dise que pour la première fois j’allais avoir peur, très peur... ça c’est assez nouveau. Je n’ai pas peur de grand-chose mais là si. Si un jour je la sens moins bouger qu’un autre, c’est une angoisse qui me paralyse, une peur, que je n’ai jamais ressentie. Je me retrouve à prier je ne sais qui pour dire « allez s’il te plait bouge petite personne » et ça c’est fou… Et je crois que ça ne va pas aller en s’améliorant, n’est-ce pas ? "